2 November 2015

Christine Laurent : "Valoriser mes équipes est une source d'épanouissement"

Deuxième interview de notre galerie de portraits de femmes inspirantes : voici une femme de tête et de cœur avec un vrai esprit d’équipe. Après avoir dirigé une pharmacie dans une zone sensible, pris la responsabilité d’un département au sein d’un grand laboratoire pharmaceutique, été vice-présidente d’une grosse association, Christine Laurent est aujourd’hui maire adjoint d’une ville de 21000 habitants.

 

Sur Un Banc: Vous avez dirigé votre propre pharmacie dans un quartier sensible : une expérience marquante. Qu'avez-vous retiré de ces 8 ans ?

C. Laurent: Le contact avec la détresse est une véritable école de la vie. Maladie, toxicomanie, sida, violence envers les femmes, alcoolisme, pauvreté... En zone sensible, le pharmacien est en première ligne auprès des personnes fragilisées : c’est le professionnel de santé le plus accessible, il suffit de pousser la porte. Son rôle social et de santé publique est très concret.

Christine Laurent


C’est un métier qui exige beaucoup humainement. A côté de cela, travailler dans un laboratoire pharmaceutique m’a paru moralement plus reposant! Les gens que je côtoyais n’attendaient pas de moi que je les prenne en charge.

Prendre des responsabilités, comme vous le faites, c’est s’exposer. Qu’est-ce qui se joue dans l’image que l’on donne de soi ?

C. Laurent: Un pharmacien est comme un notable, un avocat ou un notaire : il a une image publique, un "rang à tenir" au quotidien, en plus de son rôle de conseil et de référence scientifique pour le patient. Pour moi, être toujours impeccable fait partie du professionnalisme. L’allure, à travers le vêtement, sert la mission de santé, elle contribue à asseoir l'autorité scientifique que l'on incarne. Elle peut introduire une distance - le vêtement est un marqueur social – mais pour bien jouer son rôle, cela a aussi du bon.

Christine Laurent, femme de tête de de coeur


Pour autant, une tenue soignée n’empêche pas d’être proche des gens. En situation d’urgence, par exemple. On est avant tout un professionnel de santé et un être humain.

Dans un univers complètement différent, le code vestimentaire dans un laboratoire pharmaceutique est particulièrement élégant. Tout le monde s’y conforme, c’est un signe d’appartenance. Pour autant, j’ai toujours tenu à ma petite touche personnelle, différente des autres.

Dans votre leadership, vous aimez valoriser vos équipes. Qu’est-ce que cela apporte ?

C. Laurent: Valoriser mes collaborateurs est une source d’épanouissement. Un compliment est un geste porteur. Développer mon équipe, c’est me développer moi-même.

Christine Laurent

En tant que chef d’entreprise, je faisais confiance à mes collaborateurs et je les intéressais aux résultats. Cela a un impact très positif sur l’attitude avec les patients. Et il y a une réciprocité de la confiance : mes collaboratrices osaient me confier des choses délicates, comme leurs projets de grossesse.

Au sein de mon laboratoire, je me suis passionnée pour l’empowerment - donner du pouvoir aux collaborateurs leur permet de se développer. J’ai contribué à diffuser cette pratique au sein de l’entreprise avec beaucoup de plaisir.

Aujourd’hui, en tant que maire adjoint, j'ai à coeur de travailler en bonne intelligence avec l’équipe de la mairie. Ce sont des professionnels compétents, qui connaissent bien leur ville. J’apprécie de pouvoir travailler main dans la main avec eux.



Pour aller plus loin : 

L'insertion du pharmacien dans son environnement social - ATD Quart Monde

Leadership au féminin : 


Femmes chefs d'entreprise : y a-t-il un management "au féminin" ?
JDN, 12/11/14

Les femmes font-elles de meilleurs managers? - Le Figaro Economie, 23/10/2011

Les femmes, des leaders comme les autresCapital, 14/08/2013

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